Zoom sur Stéphanie Ollieuz: Canifed, une fédération qui a du chien

Dernière mise à jour : 15 févr.

Une DRH qui démissionne pour se consacrer au bien-être animal, c’est plutôt atypique. Pourtant, Stéphanie Ollieuz l’a fait. D’abord pour suivre une formation de toilettage qu’elle a complétée par un stage d’une année en salon, de 2012 à 2014. Ensuite, pour créer un label du bien-être canin et la fédération Canifed, officiellement fondée en 2017.


« Je ne me retrouvais plus dans mon ancien job, c’était devenu une souffrance, je déprimais », avoue-t-elle. « Soutenue par mes proches, j’ai pris mon audace à deux mains pour redonner du sens à ma vie à travers mon travail. Ce qui m’a décidé, ce sont les mauvaises expériences de toilettage que j’avais connues avec mon Yorkshire. Je ne parvenais pas à trouver une vraie pro pour s’occuper de lui. Passionnée par les chiens depuis l’enfance, je me suis donc lancée. J’ai rapidement découvert qu’il n’y avait pas de réseau de toiletteurs reconnu en Belgique, ni d’ailleurs en Europe. J’ai décidé de combler cette lacune. »

Pour ce faire, la jeune femme s’associe à une éducatrice et comportementaliste canin réputée : Karine Faucher, spécialiste en désensibilisation et en trouble du comportement. Diplômée de l’école vétérinaire de Maisons-Alfort dans le Val de Marne et formée auprès de plusieurs experts, l’associée est établie en France. Valérie fait du bien-être du chien sa priorité et fonde un label certifiant la qualité de ses services « Pour cette activité, j’ai désiré me faire accompagner par Azimut » témoigne Stéphanie. « Au démarrage, je ne me rendais pas compte des obstacles ni de la hauteur de la montagne. Poussée dans le dos par mon coach Olivier Bouche, j’ai testé le projet en couveuse. Pour qu’il soit crédible, il nous fallait recruter 50 membres à 500 euros. J’ai donc pris mon bâton de pèlerin pour aller les convaincre, ça semblait impossible. Et j’y suis arrivée après seulement deux mois. » La fédé Canifed a été portée sur les fonts baptismaux en 2017, le label Caniscan by Qfor est alors apparu : « C’est la seule certification de qualité des services de notre secteur. D’autant plus importante que des mauvais soins peuvent avoir de lourdes conséquences sur la santé et le bien-être des chiens : blessures, maltraitances, usage de produits nocifs sont malheureusement courants dans un métier qui peut être encore exercé sans aucune formation spécifique. » De même, l’éducation canine et le comportementalisme demandent de réelles compétences. « Notre label se veut garant de cela : il impose à nos membres de se soumettre à un contrôle annuel, avec divers points d’attention. Il y a aussi un enjeu social.


«Conscientes, avec Karine, de l’importance du rôle que l’animal joue auprès de personnes isolées et défavorisées, nous poursuivons le but d’améliorer l’accessibilité à des soins de qualité. C’est ce qui nous a amené à élaborer le chèque service canin, qui offre des réductions aux maîtres.»

Un projet rentabilisé et durable

Canifed commence à gagner la confiance des pouvoirs publics : en Wallonie, ses formations de toilettage et de comportementalisme viennent d’être officiellement reconnues. « Un audit en a validé le contenu, nous sommes la première école privée à être labellisée », poursuit Stéphanie Ollieuz, présidente de la fédération. La jeune femme se partage entre son salon de toilettage en région de Charleroi et le développement du projet. « Les cotisations de membre donnent accès à des réductions de 10% sur l’ensemble des fournitures (shampooings, antiparasites, etc.) et outils de toilettage, si bien que les économies permettent d’en amortir le coût : les cotisations ont été ramenées à 250 euros par an, pour couvrir les frais de fonctionnement de base. Outre une reconnaissance, le label donne accès à une série d’informations professionnelles et de conseils. » En 2019, Canifed s’est associée à la Fondation Prince Laurent pour l’organisation de journées de toilettage, opération rééditée... Le conseil de Stéphanie aux porteurs de projets, « c’est d’oser leurs rêves. En se montrant persévérant car il y a toujours des moments de découragement. » Elle les invite aussi à se faire accompagner. « Chez Azimut, j’ai reçu plus que ce que j’espérais. Il est aussi important d’avoir le soutien de son entourage. »