Zoom sur Valérie Mottet : la gestion humaine du changement en entreprise

Dernière mise à jour : 15 févr.

A la lecture de son parcours académique, on pourrait considérer son Master en sciences de gestion comme le chemin classique d’une étudiante brillante, intéressée dès le plus jeune âge par la compréhension de l’Homme et de son impact sur son environnement. Mais déçue par le carcan dans lequel la finalité de ses études la conduisait, Valérie enchaîne directement par une expérience probante à l’académie des Beaux-Arts de Bruxelles dont elle sort diplômée en 2006.

© Vincent Foret / SOFAM, 2019 — www.vincentforet.photography


« A la suite de cette expérience incroyable, j’ai dû trouver un job pour alimenter mon compte en banque. J’ai donc décidé de suivre un trainingship de 18 mois chez BNP, dans le secteur bancaire. Et comme il n’y a pas de hasard dans la vie, mon diplôme aux Beaux-Arts m’a permis de rentrer dans les conditions pour être sélectionnée dans le cadre de ce programme. »

Ce qui devait être une première expérience « alimentaire » deviendra pour Valérie une carrière de 10 ans en tant que directrice d’agences et accompagnatrice du changement. Dans le même temps, elle s’enchaine les formations en PNL, gestion du changement, gestion émotionnelle, etc.


Comment s’est opérée la transition vers le statut d’indépendant ?

Progressivement. D’abord, il m’arrivait gratuitement d’aider certaines personnes en difficulté émotionnelle ou professionnelle. Et au fil des mois, les personnes affluaient grâce au bouche à oreille. Mais à un moment, mon compagnon me rétorque qu’un dévouement à mes agences la journée et des soirées très occupées bénévolement, ce n’était plus possible. Je prends donc un statut d’indépendant complémentaire.

Ensuite, quelques mois plus tard, alors que je suis enceinte, un ancien client de la banque me sonne « Je sais que tu es change manager, je voudrais refaire mon organigramme d’entreprise, j’ai besoin de toi pour former mes deux teamleaders, refaire les descriptions de poste, la réorganisation de la boite. »

Au début, je refuse mais finalement je le rappelle et je prends un temps partiel pour répondre positivement à sa demande. Mon activité de gestion du changement d’un point de vue humain est donc créée. Pendant deux ans, je cumulais les différentes casquettes avant de finalement démissionner pour me concentrer pleinement sur cette activité : le coaching en entreprise avec une spécialisation sur les aspects humains et organisationnels.


Oser passer le cap

La première difficulté intervient avant d’être sous statut d’indépendant à titre principal. Je n’osais pas faire le grand saut jusqu’en 2013 où tout s’est déclenché. J’ai alors dû m’organiser différemment, dans un autre contexte que celui d’un horaire et d’un rythme de salarié. Un vrai changement pour moi.

Maintenant, je suis à peu près deux jours par semaine en consultation à la maison et trois jours en entreprise. Un rythme qui me convient parfaitement.


Tu connais un bon... ?

Pour me faire connaître, j’utilise principalement le réseautage en participant activement à des Networkings ciblés où je peux faire la promotion de mon activité.

D’un autre côté, c’est le bouche-à-oreille et la recommandation qui sont mon meilleur apporteur d’affaires. Je me souviendrai toujours de mon étonnement par rapport à ce levier Business. Avant de prendre mon numéro d’indépendante complémentaire, je reçois un appel d’une personne que je ne connaissais pas et qui souhaite prendre rendez-vous. Je lui demande comment elle avait entendu parler de moi et me donne le nom d’un ancien client. Ce sentiment de se faire recommander, c’est un vrai bonheur car cela veut dire que les résultats sont au rendez-vous.


Quel regard portes-tu sur les entreprises en général ?

La gestion du stress n’est pas bien prise en charge. Pas suffisamment en tout cas.

Je constate que la majeure partie des entreprises qui mettent en place des programmes le font pour se donner bonne conscience ou par obligation. Parfois, les attentes vis-à-vis de l’employé ne sont pas humaines, ni même dans le cadre du travail.

Je me souviens d’un client en particulier. Rien que dans le mode opératoire dans lequel tu es accueilli, une zone dans laquelle tu subis un test de sécurité, sans aucune chaleur humaine, cela annonce déjà le climat pesant dès les premières secondes.

De plus, les « burn-out » augmentent, tout comme le nombre de maladies de longue durée, et bien qu’une conscience collective du phénomène existe, aucune stratégie plus globale n’est mise en place.


Un conseil à donner aux futurs indépendants?

Je ne pense pas qu’on est moins en danger en tant que salarié qu’en tant qu’indépendant. Je crois même que j’ai maintenant plus de sécurité d’emploi que dans le secteur financier. Etrange, non !?